Ile légendaire, rude et fière, Sein est la partie émergée d’une longue barre rocheuse hérissée d’épines, qui forme la redoutable Chaussée de Sein. Plusieurs fois menacée par la mer en raison de sa faible altitude, Sein a toujours résisté, seule face aux éléments déchaînés. Ile de marins et de pêcheurs de pères en fils jusqu’au XXe siècle, elle vit à présent en partie du tourisme. Le phare blanc de l’île et le géant Ar Men, dernière lumière avant le nouveau monde, guident les navires sur cette route maritime, où écueils et violents courants ont autrefois causé tant de naufrages.
Sein, l’île vraie
A la fois sereine et extrême, Sein a su conserver son authenticité, en partie en raison de cet environnement défavorable, qui valut à l’île ce dicton de marin : « qui voit Sein voit sa fin ». L’amoureux de nature, de calme et de paysages de démesure trouve son compte sur cette bande de terre longue de deux km sur à peine huit cents mètres de large. Entre terre et mer, les arméries maritimes s’entêtent à parsemer le sol de bouquets ardents dont le rose égaie l’île au moindre rayon de soleil. Au bord de l’eau, les champs de galets gris roulent de concert au rythme du ressac. Seulement troublée par le bruit des vagues auquel s’ajoute plus rarement celui des sirènes de brume, la quiétude de Sein est parfaite. La colonie de grands dauphins qui batifole autour de l’île toute l’année ne semble pas s’en plaindre.
Sein, l'île héroïque
A Sein, il n’y qu’un village, où se recroquevillent de coquettes maisons aux volets bleus, verts ou roses, le long de ruelles exigües. Ici, c’est collectivement que se gagne la lutte contre la « boucaille ». Depuis un certain appel du Général de Gaulle, en juin 40, la solidarité et le courage dont les Sénans savent faire preuve est réputée. Les marins de l’île, pourtant oubliés par la mobilisation générale, prirent alors la mer comme un seul homme pour rejoindre les côtes anglaises. Lorsque, parmi les six cents premiers volontaires de la France Libre, le Général trouva cent cinquante habitants de Sein, il eut, paraît-il, ce mot : « L’île de Sein est donc le quart de la France ! »